Le retour de la Dynastie Song au cœur des préoccupations du XXIe siècle

 Image d'illustration. 

Par Me Jean-Philippe Carpentier - Avocat au barreau de Paris, consul honoraire du Luxembourg avec juridiction sur la Normandie et Président du Corps consulaire de Normandie.

Parti de Venise en 1271 avec son père et son oncle, Marco Polo a mis plus de trois ans pour traverser le Moyen-Orient et l'Asie centrale en suivant les routes de la soie.

Il a parcouru près de 15 000 kilomètres en 3 ans pour être finalement pendant plus de 17 ans l’émissaire de l’empereur mongole Kubilai Khan.

J’ai parcouru la même distance … en 12 heures et partagé les émerveillements du Génois.

Avant de partir, j’avais relu, avec une avidité renouvelée, le livre d’Alain Peyrefitte, « Quand la Chine s’éveillera… le monde tremblera ».

Il ne s’agit pas ici de traiter de l’éveil de la Chine, même si la situation actuelle mérite un article que je vous proposerai à mon retour.

Il échet cependant d’ouvrir de nouvelles perspectives.



La Chine, du moins, celle de la Silicon Valley chinoise, à Hangzhou, pourrait se synthétiser autour de trois éléments centraux, deux vidéos partagées ci-dessous et des visites historiques.

En quelques sortes, elle est aujourd’hui la synthèse entre un robot autonome qui remplace partiellement le service d’étage de la chambre d’un hôtel de luxe, un animal articulé traditionnel qui agite le bras et le souvenir désormais valorisé d’une civilisation ancienne et raffinée.

Dans une certaine mesure, Hangzhou, rebaptisée Lin'an sous la dynastie des Song du Sud (1127–1279), devenue la capitale de l'Empire, connaît, à nouveau, une prospérité phénoménale avec les nouvelles technologies.

Elle cherche cependant à renouer avec son passé tant historique qu’artistique.

Elle se reconnecte à ses racines, celle des grands paysages en format verticaux qui reprennent la théorie de la grammaire du trait.

Le Lac de l’Ouest, désormais reconnu comme patrimoine mondial de L’Unesco, laisse facilement entrevoir ce qui poussait les artistes de la dynastie Song à associer la montagne et l’eau, voire la brume immortalisée par Liang Kai, avec la perspective d’approcher la demeure des immortels du taoïsme.

Le legs artistique des Song est désormais mis en avant, les sites sont ouverts et le visiteur se promène dans des paysages structurés par les éléments de vide, le ying et yang, où l’un existe par son contraire.

Peu présent dans l’iconographie rencontrée, l’homme existe toujours en tout petit, parfois absent alors qu’il en est l’élément essentiel.

S’est surtout développée une esthétique de la calligraphie présente dans tous les sites historiques.

L’économie, la société ne sont finalement peut-être pas les marqueurs uniques d’un éveil de la Chine.

Comme nombre de nos pays européens, elle a senti le besoin de se réconcilier avec son passé millénaire et avec sa culture.

Dans notre monde surconnecté auquel la Chine n’échappe pas, c’est sûrement par cette approche culturelle, ce retour aux racines, qu’une nécessaire prise de distance permettra aux civilisations de retrouver leur place centrale et de remettre l’homme au centre des préoccupations, le bien commun en quelque sorte.

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