■ Me Jean-Philippe Carpentier.
Par Me Jean-Philippe Carpentier - Avocat au barreau de Paris, consul honoraire du Luxembourg avec juridiction sur la Normandie et Président du Corps consulaire de Normandie.Il est des phrases qui traversent les siècles avec une autorité plus grande que bien des discours de circonstance.
Ces phrases sont de celles que nous devons méditer pour prendre de la hauteur sur le tourbillon des actualités où la guerre nous arrive à la face et sur tous les fronts.
Et pourtant les quelques mots qui composent le titre de cet article ne s’imposent ni par l’éclat de la formule, ni par la violence de la posture, mais par la gravité humaine qu’elles portent en elles.
Notre monde contemporain, si prompt à commenter l’événement, si féru d’instantané, si avide de réactions, semble pourtant avoir perdu le sens des paroles qui obligent.
Nous vivons dans un temps où la violence se voit partout et se pense rarement.
Elle est montrée, relayée, chiffrée, mise en flux, en cartes, en bilans, en analyses stratégiques, en langages techniques qui lui retirent jusqu’à sa densité morale.
Le sang versé devient donnée. La souffrance collective devient variable. La mort elle-même se laisse absorber dans la mécanique froide des justifications politiques, militaires ou idéologiques.
Or aucune société digne de durer ne devrait consentir à cette anesthésie.
Car lorsqu’un peuple saigne, ce ne sont pas seulement des vies qui sont atteintes. C’est une mémoire qui se fracture. C’est une confiance qui se retire. C’est une continuité historique qui vacille dans ses fondements mêmes.
On croit souvent que les peuples meurent de défaites extérieures, de crises économiques, de convulsions institutionnelles.
Mais il arrive aussi qu’ils se défassent plus profondément encore, lorsqu’ils s’habituent à voir leur propre sang entrer dans l’ordre banal des choses.
Aucune puissance, aucune cause, aucune raison d’État ne saurait rendre léger ce qui touche à la chair vivante d’une nation.
Le propre des civilisations mûres n’est pas de nier le tragique, mais de le redouter assez pour ne jamais le traiter comme un simple instrument.
La véritable grandeur politique ne réside pas dans la capacité de décider de la force, mais dans la retenue que s’impose celui qui sait ce que coûte une goutte de sang lorsqu’elle tombe du corps d’un peuple.
À mesure que nos sociétés se technicisent, se numérisent, se distancient, elles risquent d’oublier cette vérité première : le sang injustement versé ne disparaît jamais dans l’histoire.
Il descend dans les générations. Il obscurcit les héritages. Il empoisonne les victoires apparentes.
Il accuse longtemps après le bruit des armes, longtemps après les discours, longtemps après les justifications.
On gouverne peut-être par la force, mais on ne fonde jamais durablement par elle. On obtient la soumission ; on ne gagne ni l’adhésion profonde, ni la paix des mémoires.
Et peut-être faut-il juger notre époque à cette seule question : tremble-t-elle encore assez devant le prix humain de ses décisions ?
Car lorsqu’une civilisation cesse de frémir devant le sang des siens, elle commence déjà à perdre le droit de se dire civilisée.
Et cette phrase, si sévère, si nue, si haute, n’émane ni d’un philosophe contemporain, ni d’un moraliste du désenchantement, mais d’un roi condamné par l’histoire Louis XVI.
Aucune puissance, aucune cause, aucune raison d’État ne saurait rendre léger ce qui touche à la chair vivante d’une nation.
Le propre des civilisations mûres n’est pas de nier le tragique, mais de le redouter assez pour ne jamais le traiter comme un simple instrument.
La véritable grandeur politique ne réside pas dans la capacité de décider de la force, mais dans la retenue que s’impose celui qui sait ce que coûte une goutte de sang lorsqu’elle tombe du corps d’un peuple.
À mesure que nos sociétés se technicisent, se numérisent, se distancient, elles risquent d’oublier cette vérité première : le sang injustement versé ne disparaît jamais dans l’histoire.
Il descend dans les générations. Il obscurcit les héritages. Il empoisonne les victoires apparentes.
Il accuse longtemps après le bruit des armes, longtemps après les discours, longtemps après les justifications.
On gouverne peut-être par la force, mais on ne fonde jamais durablement par elle. On obtient la soumission ; on ne gagne ni l’adhésion profonde, ni la paix des mémoires.
Et peut-être faut-il juger notre époque à cette seule question : tremble-t-elle encore assez devant le prix humain de ses décisions ?
Car lorsqu’une civilisation cesse de frémir devant le sang des siens, elle commence déjà à perdre le droit de se dire civilisée.
Et cette phrase, si sévère, si nue, si haute, n’émane ni d’un philosophe contemporain, ni d’un moraliste du désenchantement, mais d’un roi condamné par l’histoire Louis XVI.

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