■ Le costume de Monrose dans le rôle de Figaro.
Il est douloureux de voir notre jeunesse douter de la civilisation à laquelle elle appartient : la civilisation occidentale. Ce concept lui-même est dévalorisé par l’intelligentsia qui n’ose plus s’en réclamer. Attaquée par les petits penseurs du wokisme et de l’écologisme, notre civilisation est perçue comme dominatrice et agressive. Rien n’est plus inexact. L’Europe de l’Ouest est l’initiatrice des trois évolutions majeures de l’humanité depuis trois siècles.
La liberté politique d’abord
Le siècle des Lumières, le 18e, n’est pas asiatique, africain ou même russe, il est européen de l’Ouest. Les principaux penseurs de la liberté individuelle, Montesquieu, Diderot, Kant, Voltaire, Rousseau, Adam Smith et bien d’autres, ont fait naître l’idée d’autonomie de l’individu par rapport au groupe. Un être humain a le droit de penser différemment, de le dire et de l’écrire sans subir la vindicte des dirigeants.
Cette idée simple n’était encore jamais apparue. Dans les sociétés antiques, lorsqu’elles disposaient d’institutions démocratiques (Athènes, République romaine), la liberté ne concernait qu’une petite fraction de la population. Les femmes et les esclaves n’étaient pas concernés. Définir l’être humain comme idéologiquement libre par essence représente l’évolution philosophique la plus fondamentale de l’histoire de l’humanité.
Les ennemis de la liberté restent largement majoritaires dans notre monde : Russie, Chine et la plupart des pays pauvres. Comme dans la société européenne d’Ancien régime, les dirigeants politiques s’appuient sur une religion (islam, christianisme orthodoxe) ou une idéologie (communisme) pour asseoir leur tyrannie. L’Europe, qui a libéré ses habitants de cette servitude, peut se féliciter de ce qu’elle représente dans le monde aujourd’hui.
Le développement économique ensuite
La seconde évolution majeure de l’histoire est la croissance économique. Elle apparaît également en Europe de l’Ouest. La croissance de la production restait extrêmement faible jusqu’au 18e siècle, imperceptible sur la durée d’une vie humaine. Le décollage économique commence en Angleterre à la fin du 18e siècle. La liberté d’entreprise, le marché libre et la destruction créatrice (innovations comme la machine à vapeur ou les machines textiles) en sont les éléments de base. Les autres pays occidentaux suivront dès le 19e siècle.
Cette évolution permet, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, d’éradiquer progressivement la misère dans l’ensemble de la population. Il faudra deux siècles pour y parvenir, mais les plus défavorisés des occidentaux actuels n’imaginent même pas ce que pouvait être la misère d’autrefois : ne pas pouvoir se nourrir, mourir de faim, de froid et de maladie.
Il ne fait aucun doute que notre puissance technologique peut désormais susciter des déséquilibres dans le milieu naturel. Il faudra progressivement compatibiliser nature et culture. Mais il n’est pas admissible de présenter à notre jeunesse le développement économique occidental comme une faute à se faire pardonner. Il s’agit bien au contraire de la plus grande victoire de l’homme sur la fatalité de la misère.
Le dépassement pacifique de l’État-nation enfin
Les Européens peuvent être fiers de leurs réalisations à un troisième titre. Ils sont les seuls au monde à tenter de dépasser pacifiquement l’État-nation. L’Union européenne (UE), contrairement aux organisations internationales comme l’ONU ou l’OMC, fonctionne de façon satisfaisante. Les décisions communes se prennent lentement, certes. De laborieux compromis sont nécessaires. Dans certains domaines essentiels, comme la politique de défense, tout ou presque reste à faire. Mais l’UE est la seule structure supranationale construite dans la paix par la négociation permanente. Les tyrans ne supportent pas cette réussite de la liberté. Ils cherchent à susciter des divisions entre États, mais n’y parviennent pas vraiment, à quelques exceptions près (Hongrie).
Chacun observe que l’organisation du monde en États-nations rivaux conduit à des luttes de puissances pouvant déboucher sur des guerres. Le dépassement pacifique de l’État-nation par les organisations internationales et les conventions multilatérales semble aujourd’hui remis en cause par les plus puissants. Une volonté de conquête brutale apparaît, un néo-impérialisme se fait jour. Seule l’Europe parvient encore à conserver un idéal de paix et à le mettre en œuvre. Le bien est du côté des Européens.
Notre belle Europe a inventé le monde dans lequel nous vivons. Voilà l’essentiel. Elle est notre honneur et notre fierté.
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