■ De l’impossibilité de quitter le pouvoir…
Note de l'auteur : Les opinions exprimées dans cet article le sont à titre strictement personnel
Au moment où j’écris ces lignes on ne sait pas encore si Jack Lang, cité à de nombreuses reprises dans les « Epstein files » et qui subit une forte pression pour démissionner de son poste de Président de l’institut du Monde Arabe sera effectivement toujours à la tête de l’institution culturelle [Jack Lang a finalement « proposé » sa démission le 7 février 2026, NDLR]. Mais ici ce n’est pas tant son implication dans l’affaire Epstein qui nous intéresse mais une pratique du pouvoir qui paraît totalement dépassée en 2026 et ne fera qu’accroitre la défiance de nos concitoyens envers nos dirigeants en général et nos dirigeants politiques en particulier.
Ici il faut rappeler que Jack Lang a 86 ans, qu’il est Président de l’Institut du Monde Arabe depuis 2013 dans le cadre d’un quatrième mandat et qu’il a été le ministre de la culture emblématique des septennats de François Mitterand.
C’est un hommes âgé, ayant connu de très belles carrières, des réussites certaines, mais aussi de nombreuses polémiques, voire des affaires judiciaires, et qui semble désespérément s’accrocher aux dernières lueurs du pouvoir, malgré des circonstances actuelles particulièrement défavorables. Comment en effet ne pas se dire qu’il faut de la nouveauté, faire place à d’autres, et qu’il est temps de « passer la main » a fortiori dans les contextes évoqués ? Cela paraît assez évident.
Mais ici le problème n’est pas tant celui d’individus dont la psyché est ce qu’elle est - et on pourrait citer d’autres hommes politiques comme par exemple André Santini qui vient d’annoncer qu’il se présentait pour un 8eme mandat de maire d’Issy les Moulineaux à 85 ans ! ou un Gérard Larcher, Président du Sénat, 76 ans, élu sénateur pour le première fois en 1986 ! et qui y a passé plus de 35 ans - mais d’un système dans son ensemble qui permet que de telles situations existent et perdurent. Les individus ne sont pas vertueux quand on leur permet de ne pas l’être ! Ainsi pourquoi Emmanuel Macron renouvelle-t-il en 2024 le mandat de Jack Lang à la tête de l’IMA pour la quatrième fois à l’âge de 84 ans ??? On peut sérieusement douter de l’impossibilité de lui trouver un successeur.
Sur la question de l’âge rappelons par exemple que pour les principaux dirigeants des entreprises publiques de l’État, la règle de base reste une limite d’âge de 65 ans, sauf dispositions particulières plus élevées dans les textes propres à l’entreprise et que pour les dirigeants des sociétés du CAC 40 (qui sont presque toutes des Sociétés Anonymes), la limite d’âge est en pratique celle du droit commun des SA soit 65 ans pour les fonctions exécutives, avec des aménagements possibles par les statuts.
Sur la question de la limitation de la durée des mandats dans le temps, notons que désormais le Président de la République ne peut pas exercer plus de deux mandats successifs, ou que dans un contexte différent le Président de la Banque Centrale Européenne est nommé pour 8 ans non renouvelable.
On peut clairement se poser la question de la durée totale et/ou successive de mandats des responsables politiques (12 ans? 15 ans?), quels qu’ils soient. En effet qu’ils puissent rester en place pendant 20 ou 30 ans, a fortiori dans un monde qui va de plus en plus vite, paraît presque absurde et génère toute une série d’effets pervers bien documentés par la science politique (déconnexion de la « vraie vie », clientélisme, absence de renouvellement).
Comme il est impossible de compter sur les bonnes pratiques individuelles il faut donc établir des règles strictes – c’est-à-dire non susceptibles de contournements, dont il faudra noter Emmanuel Macron aura été un grand adepte dans sa pratique des nominations – quant aux limites d’âge et aux limites des mandats dans le temps dans le champ politique et pour les nominations intervenant dans les organisations/institutions qui en dépendent.
On peut raisonnablement penser que la limite d’âge devrait être entre 65 et 70 ans pour se présenter à des fonctions électives, et que la limitation à 3 mandats maximum (successifs ou pas) pour les parlementaires et les maires seraient une bonne base de travail. Cela pose en filigrane la question d’un vrai statut de l’élu leur permettant de (re)basculer dans la vie civile sans trop de difficultés.
Notre vie politique et institutionnelle y gagnerait en qualité, en diversité et sans doute en efficacité.
Ici il faut rappeler que Jack Lang a 86 ans, qu’il est Président de l’Institut du Monde Arabe depuis 2013 dans le cadre d’un quatrième mandat et qu’il a été le ministre de la culture emblématique des septennats de François Mitterand.
C’est un hommes âgé, ayant connu de très belles carrières, des réussites certaines, mais aussi de nombreuses polémiques, voire des affaires judiciaires, et qui semble désespérément s’accrocher aux dernières lueurs du pouvoir, malgré des circonstances actuelles particulièrement défavorables. Comment en effet ne pas se dire qu’il faut de la nouveauté, faire place à d’autres, et qu’il est temps de « passer la main » a fortiori dans les contextes évoqués ? Cela paraît assez évident.
Mais ici le problème n’est pas tant celui d’individus dont la psyché est ce qu’elle est - et on pourrait citer d’autres hommes politiques comme par exemple André Santini qui vient d’annoncer qu’il se présentait pour un 8eme mandat de maire d’Issy les Moulineaux à 85 ans ! ou un Gérard Larcher, Président du Sénat, 76 ans, élu sénateur pour le première fois en 1986 ! et qui y a passé plus de 35 ans - mais d’un système dans son ensemble qui permet que de telles situations existent et perdurent. Les individus ne sont pas vertueux quand on leur permet de ne pas l’être ! Ainsi pourquoi Emmanuel Macron renouvelle-t-il en 2024 le mandat de Jack Lang à la tête de l’IMA pour la quatrième fois à l’âge de 84 ans ??? On peut sérieusement douter de l’impossibilité de lui trouver un successeur.
Sur la question de l’âge rappelons par exemple que pour les principaux dirigeants des entreprises publiques de l’État, la règle de base reste une limite d’âge de 65 ans, sauf dispositions particulières plus élevées dans les textes propres à l’entreprise et que pour les dirigeants des sociétés du CAC 40 (qui sont presque toutes des Sociétés Anonymes), la limite d’âge est en pratique celle du droit commun des SA soit 65 ans pour les fonctions exécutives, avec des aménagements possibles par les statuts.
Sur la question de la limitation de la durée des mandats dans le temps, notons que désormais le Président de la République ne peut pas exercer plus de deux mandats successifs, ou que dans un contexte différent le Président de la Banque Centrale Européenne est nommé pour 8 ans non renouvelable.
On peut clairement se poser la question de la durée totale et/ou successive de mandats des responsables politiques (12 ans? 15 ans?), quels qu’ils soient. En effet qu’ils puissent rester en place pendant 20 ou 30 ans, a fortiori dans un monde qui va de plus en plus vite, paraît presque absurde et génère toute une série d’effets pervers bien documentés par la science politique (déconnexion de la « vraie vie », clientélisme, absence de renouvellement).
Comme il est impossible de compter sur les bonnes pratiques individuelles il faut donc établir des règles strictes – c’est-à-dire non susceptibles de contournements, dont il faudra noter Emmanuel Macron aura été un grand adepte dans sa pratique des nominations – quant aux limites d’âge et aux limites des mandats dans le temps dans le champ politique et pour les nominations intervenant dans les organisations/institutions qui en dépendent.
On peut raisonnablement penser que la limite d’âge devrait être entre 65 et 70 ans pour se présenter à des fonctions électives, et que la limitation à 3 mandats maximum (successifs ou pas) pour les parlementaires et les maires seraient une bonne base de travail. Cela pose en filigrane la question d’un vrai statut de l’élu leur permettant de (re)basculer dans la vie civile sans trop de difficultés.
Notre vie politique et institutionnelle y gagnerait en qualité, en diversité et sans doute en efficacité.

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