Accepter de se remettre en question n’est pas une défaite personnelle mais parfois une victoire.

 Maître Jean-Philippe Carpentier.

Par Maître Jean-Philippe Carpentier - Avocat au barreau de Paris et consul honoraire du Luxembourg avec juridiction sur la Normandie.

La fin de l’année approche et je vous propose de réfléchir au rapport entre science et société.

Dans tous les domaines, notamment, avec les apports de l’informatique, les sciences évoluent avec une rapidité inhabituelle pour l’homme, dont les rapports avec la science ne sont pas toujours simples.

Les croyances, de toutes sortes, y compris dans un état de la science lui-même, biaisent les rapports entre la société et la science.

Des théories, parfois ancrées et acceptées, sont remises en causes.

Tel est, par exemple, le cas de la théorie de l'information intégrée, proposée en 2004 par le psychiatre et neuroscientifique italien Giulio Tononi.

Cette théorie mathématique de la conscience cherche à fournir un cadre théorique, expliquant pourquoi certains systèmes physiques (comme le cerveau humain) sont conscients.

Cette théorie, testée avec la neuroimagerie, la stimulation magnétique transcrânienne et des modèles informatiques, aspire à mesurer la conscience au regard de sa corrélation avec les états cérébraux.

Considérée jusqu’à présent, comme exacte, la Revue scientifique internationale Nature nous révèle, dans un article du 20 septembre 2023 intitulé « La théorie de la conscience qualifiée de "pseudo-science" suscite un tollé », que 117 scientifiques universitaires, le 15 septembre 2023, ont signé un manifeste, qui depuis s’est répandu dans la communauté scientifique, considérant que cette théorie serait fausse, scientifiquement.

Ce n’est pas le lieu, ici, de prendre parti sur cette querelle universitaire, mais plutôt de prendre un peu de hauteur sur l’état de la science, les idées reçues et son acceptation par la société.

Ces problématiques sont en lien avec l’histoire des sciences qui doit être confrontée à celle des technologies et à celle de la société.

Notre monde contemporain est devenu celui de la vulgarisation, accentuée par les médias, notamment les réseaux sociaux et toutes les technologies de l’information, y compris, même jusque dans les musées.

A côté de cette approche grand public cohabitent les communications scientifiques au sens large et l’enseignement universitaire des sciences.

La dimension éthique et l’engagement des acteurs, notamment des scientifiques, praticiens et universitaires dans le débat public sont devenus des faits de société, la pandémie du Covid nous l’a montré.

Finalement, l’acceptation d’une réalité scientifique n’est pas nécessairement simple.

Comme de nombreuses choses, la science doit être considérée sous son aspect temporel.

Lorsque son évolution bouleverse des certitudes ancrées et jamais remises en cause, la vraie question est de comprendre qu’accepter de se remettre en question n’est pas une défaite personnelle mais parfois une victoire.

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